Le promeneur d’oiseau

Le promeneur d’oiseau (Ye Ying) questionne deux modes de vie, comme deux mondes qui s’opposent dans un pays aux racines rurales, marqué par une urbanisation rapide.

Critique de film par Olivier Taramarcaz
Cover du film Le promeneur d’oiseau

Les paysages de la Chine

Tourné en Chine par Philippe Muyl, réalisateur du film Le Papillon (2002), qui a connu un immense succès en Chine, Le promeneur d’oiseau invite à une immersion dans les paysages de la Chine, au travers d’une histoire simple et universelle, pour toutes les générations. Si le film reflète de manière classique et bucolique le décalage entre deux générations, deux mondes qui ne se croisent pas, qui s’ignorent, il favorise une réflexion sur notre manière d’être en relation.

Une histoire intergénérationnelle

Un vieux paysan rejoint son village natal avec sa petite fille qui lui est confiée pour les vacances, et qui ne connaît rien d’autre que la grande ville, le confort et les gadgets liés à un monde digitalisé. Le grand père et sa petite fille cheminent à travers les magnifiques paysages de la Chine. Le film se déroule comme une histoire universelle, où la confrontation au monde réel, dépourvu d’artifice, amène à se resituer dans son rapport au monde, aux attraits du consumérisme contemporain.

Homme et enfant regarde content

Ecoute comme c’est beau

La petite fille de huit ans semble n’avoir jamais regardé un papillon, ni écouté le chant d’un oiseau, ni marché dans un pré ou en bordure d’une rivière. Elle maîtrise par contre parfaitement l’utilisation de sa tablette et de son portable - du moins jusqu’au moment où la batterie est à plat -. Elle est étrangère à ses racines, étrangère à la vie de son grand-père, qu’elle méprise, le considérant comme un paysan ignorant.

Homme porte enfant

Le monde sans écran interposé

Le vieil homme, tranquillement, en situation, accompagne avec bienveillance et patience sa petite fille, lui faisant progressivement découvrir le monde qui l’entoure, la beauté d’une prairie caressée par la brise, le chant de la rivière, le silence de la campagne, lui apprenant à regarder, à s’arrêter, à s’asseoir.

Loin du Pékin occidentalisé, se retrouvant dans les vallées du Guangxi, des rizières en terrasses, des villages aux constructions en bois, la petite fille, peu à peu, ouvre les yeux. Elle commence à lever la tête, à prendre le pouls d’un monde vivant à un autre rythme, celui des saisons, de la terre, de la nature. Elle découvre le visage de son grand-père, sa vie, sa valeur. Elle regarde le monde réel sans écran interposé.
Le récit de cette rencontre reflète la force de la douceur, l’attachement du coeur à coeur.

Le grand-père offre à sa petite fille quelque chose de simple, d’unique, d’indispensable, qu’elle ne connaît pas : être serrée dans les bras de quelqu’un qui la considère, qui l’aime, qui se tient à ses côtés. Et cela change tout. Cela change une vie pour la vie : être regardé, être reconnu, être quelqu’un pour quelqu’un.

Infos pratiques

Le promeneur d’oiseau [2013 / 100’]
Fiction de Philippe Muyl, VOSTF, France

Olivier Taramarcaz, coordinateur du festival visages

Olivier Taramarcaz est coordinateur romand formation et culture de Pro Senectute Suisse et directeur artistique du Festival visages.

Le Festival Visages

Le festival visages établit des ponts à sa manière entre les habitants, sur des questions sociales, intergénération-nelles. Enjeux de société, por­traits, histoires de vie donnent le ton, privilégiant la proximité, la convivialité, le souci de l’autre.

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